Al dente per favore ! (Cogne - stage de cascades de glace 2017)

Un super article "Cascade de glace" d'un Caf'teur esseulé dans une voiture nîmoise par un cagnard de 35° à l'ombre a fait tilt... et pourquoi pas une semaine de cascades de glace ? Et nous voici quelques mois plus tard à Cogne, Mecque de la cascade dans une auberge délicieuse pour notre premier briefing. Les 5 néophytes démarrent par 2 jours d'ateliers de plantage de crampons et piolets, de 1/4 de tour de brochage avec des hans de bûcherons et d'assimilation de vocabulaire étrange et barbare : anneaux à pourrir, abalakof, cordelettes assouplies, crochets à lunule, assiettes, cloches, choux fleurs et pour certains des poteaux autrement appelés cigares ! Les autres partent, piolets entre les dents à l'assaut de Thoule, Tutto e relativo bref du "bien plus vertical"...

Un temps splendide, un chouia trop chaud nous incite à grimper comme sur des oeufs, avec délicatesse ; je me sens quasi au niveau 2ième glaçon... Douche froide dès le lendemain matin lorsque Aldo, guide italien, nous fait comprendre que la cascade, c'est physique (voire bourrin...) et qu'un piolet, ça se plante, preuve à l'appui ! Il est indéniable que le son produit par son piolet est mat, brut et définitif ! Dès le troisième jour, les groupes se sont mélangés. Hélène annonce fièrement en briefing que tous les principianti sont passé en tête alors nous les à peine dégrossis avons pu partir à la découverte de Patri de gauche ou Patri de droite, Lillaz Gully, Acheronte avec des encadrants et des plus aguerris ; pas peu fiers que nous étions ! Quel bonheur que ce groupe chaleureux, la disponibilité de Hélène, Jean-Claude, Danielle, Christian, Eric, Arnaud, Stéphane, les partages de bières, d'expérience, de cordée, un régal.

Et à propos de régal, chaque soir un rituel immuable : choisir son diner du lendemain. Mais croyez-vous que nous nous souvenions de nos choix : soupe ou pâtes ? Puis viande ou omelette ? Alors inéluctablement, la serveuse errait malheureuse entre nos tables avec une assiette dont personne ne se sentait propriétaire ! L'un d'entre nous avait toujours pitié et plutôt que de ne rien manger prenait l'assiette. Fred m'avait prévenu : Flo, tu ne pourras pas vraiment manger dans la journée ; choquée j'étais, absolument inconcevable ; alors comme geste de bravoure, j'ai tenu bon et mangé ma soupe japonaise bien chaude et revigorante plusieurs jours... mais c'est vrai qu'il va falloir trouver autre chose car lorsqu'il fait bien froid dans un couloir ce n'est pas le plus commode !

Et voilà ! Je garde les chaufferettes pour l'année prochaine parce que je compte bien revenir ! 

Florence Valentin 
(CAF Nîmes + CAF Touraine)