Mon premier 4000

C’est à l’occasion du stage à Saas Grund (en Suisse) du 17 au 22 juillet que j’ai découvert l’alpinisme. Sur les conseils d’Hélène je m’étais équipé de pied en cap (bonnet, pantalon, surpantalon, veste, surveste….). Bref, le matos du petit alpinisme. 

Première étape : le trajet depuis Tours. Après avoir pris le trajet sur internet, départ 4h50 depuis tours, je récupère Jean Claude près de Blois (nationalement connu avec ses 55 ans d’escalade/alpinisme derrière lui) et on enchaine les kilomètres vers la Suisse. A 12h40, on dépasse Chamonix, on s’arrête au col des montets pour un casse-croute (déjà le panorama sur l’aiguille du Midi vaut le détour).

Un café avalé et on repart direction du camping de Kapellenweg. Certains sont déjà là, les autres arrivent vers 16h (on sera une douzaine dont 3 nouveaux). Chacun plante sa tente et c’est l’heure de l’inspection des sacs chère à Hélène (pour ma part, je me fais aider par Henri pendant une bonne heure ayant été un peu exhaustif et gourmand en vêtements). A la fin de cette grande journée, repos pas trop tard, demain c’est départ pour le refuge à 2894m dénivelé de 1200m.

Deuxième étape : le refuge d’Almagellerhütte. 2894m. La montée se fait à bonne allure, le chemin est superbe et les paysages magnifiques. Arrivée à 12h00, une vue superbe sur le Dri-Horlini (magnifique arête juste derrière le refuge !!). 
Après un déjeuner peu consistant pour moi (note à moi-même pour plus tard prendre du saucisson plutôt que des biscuits diététiques !!), les plus aguerris vont tâter du rocher, les nouveaux (comme moi) révisent leurs nœuds et apprennent la marche encordée… A la fin de l’après-midi, Eric (notre guide) viens nous chercher pour une mise en situation sur rocher et des conseils. Retour au refuge vers 18h pour un bon repas. 

Troisième étape : Le dri Horlini sous tous ses angles. A 08h30 on est au pied de l’arête (entre 3 et 5 h de course) pour un niveau AD. On grimpe en grosses (moi d’habitude j’ai des chaussons !!). Au final, une superbe arête, pas trop dure. Avec une vue magnifique vue. A 15h00, on explore le dri par ses grandes voies mais le temps vire mauvais, il est temps de rentrer. Demain, c’est départ pour le refuge de Weissmieshütte en passant par le Weissmies (4023m)

Quatrième étape : le Weissmies (4023m). Là, le réveil sa pique un peu, départ 4h45 sur les ordres d’Éric (chuis en vacances normalement !!!). On se met en route à la frontale et c’est parti pour 1200m d’ascension. Les 4 cordées se suivent. A 9h, on arrive près du sommet ; il est temps de cramponner. Je me fais aider par Eric et c’est parti, je le suis pas à pas et m’engage sur l’arrête de neige prudemment mais déterminé. Ca y est c’est passé je suis au sommet et j’ai fait mon premier 4000. La vue est superbe, et le ciel presque sans nuage. On profite un peu mais pas trop car il faut maintenant redescendre vers le refuge de Weissmieshütte (2726m). La descente se fait sur le glacier et mieux vaut ne pas le traverser quand il commence à faire chaud. A 12h, on relève crampons, surveste, piolet. La descente s’est bien passée, les ponts de neige ont tenu et mis à part un pied dans une crevasse, rien à signaler. L’après-midi c’est repos au refuge et après le débriefing, dans un élan commun masculin (désolé Hélène mais on était une majorité), on regarde la fin de l’étape du tour de France sur mon téléphone. Au repas du soir, on décide de tenter le Lagginhorn (4010m) malgré une météo peu favorable le lendemain. 

Cinquième étape : braquage du Lagginhorn (4010m). Nouveau départ à 4h45 sur ordre d’Eric (il n’est pas en vacances lui, ça se voit). On marche une grosse demi-heure et là, le temps se gâte un peu. Après un vote à main levée, on rebrousse chemin jusqu’au refuge en croisant un groupe que la pluie n’a pas l’air de gêner. Moi je me recouche pour finir ma nuit (au passage Jérôme resté au refuge n’aura pas pu profiter d’une grasse matinée – lol). A 7h45, Je me réveille, Eric et Henri discute de ce qu’on pourrait faire, le temps s’est calmé et j’avoue que je me vois mal rester toute la journée à l’abri. On décide de tenter une petite course pour voir le début du Lagginhorn avec un retour par une arête si le temps change. Et là, ce fut un beau coup de poker. Arrivé sur l’arrête en question, Eric poursuit vers le sommet, le temps se maintient et nous rencontrons le groupe croisé ce matin qui lui est arrivé au sommet et redescend. Il s’en suit une succession de virage et une longue, très longue, mais vraiment très longue montée vers le sommet. Pour ma part je suis rôti en arrivant en haut (merci à Nadine pour son soutien), mais le sommet est atteint et mine de rien j’ai fait deux 4000m en 2 jours. La redescente est aussi longue que la montée. Eric doit nous quitter ce soir et rejoindre le refuge avant 15h, il ne traine pas en route. Nadine et moi explorons le terrain quitte à perdre un peu les cairns. Au final, ce sommet ne restera pas dans les annales comme un très beau sommet (de l’avis de tous il était très moche…), mais comme un superbe braquage. 

Sixième étape : grimpe ou retour ? Un peu fatigué de la veille et peu confiant dans la météo, ce vendredi on décide de faire un peu d’escalade sur le caillou à côté du refuge (Hélène et jean Claude on fait une reconnaissance la veille). Les cotations sont un peu surprenante (du 5C+ un peu bloc) mais c’est l’occasion pour moi de m’exercer au relais. Hélène monte un atelier remontée sur corde pour les nouveaux auquel je pensais échapper... Sans succès ! Vers 12h30, il est temps de penser à la descente vers le camping. Certains choisissent la facilité et prennent un système de bennes à proximité du refuge pour redescendre dans la vallée du camping. Henri et moi on choisit la descente à pied parce qu’on aime marcher mais aussi parce qu’on est un peu radin (enfin surtout moi, les bulles c’est 22 CHF = 20€ un peu trop pour moi). La descente se fait au final très bien, sous un beau soleil et 1 heures ½ après nous arrivons au camping. Là, Hélène a négocié une douche chaude et le parking des voitures pendant 5 jours. Cool, trop cool. Un dernier débriefing autour d’un apéro. Et le retour sur Tours doit se faire. Le départ se fait à 16h00, l’arrivée est prévue tard dans la nuit (ou tôt le matin).

Au final, ce stage a été superbe, bien orchestré (merci Hélène) avec un bon encadrement (merci les cadres), un guide « tiptop » (oui il nous fait lever à 4h mais ça en vaut la peine, merci Eric) et un groupe super sympa. C’est avec des images et des souvenirs plein la tête que je suis retourné en Touraine. L’alpinisme conjuguant randonnée et escalade, vivement le prochain stage !!

Frédéric Dijoud